Parents hélicoptères : les paradoxes de ces parents anxieux

Souvent, on souhaiterait le meilleur pour nos enfants, mais sommes-nous vraiment attentifs à leurs besoins, leurs désirs ? Cette question m’a amenée à interviewer la très sympathique coach parental, Myriam (The French Working Mum), qui anime des podcasts destinés aux mamans travailleuses.

Ensemble, nous avons abordé le sujet des parents hélicoptères, ces parents qui veulent que leurs enfants soient épanouis, confiants, sûrs d’eux, mais qui en faisant et en décidant les choses à leur place, entravent leur bon développement.

Dans cet article, on vous propose d’explorer plus en détail ce phénomène avec quelques conseils pour aider vos enfants à grandir et s’épanouir sans étouffer leur petite flamme intérieure.

Trop de micro-management, pas assez d’écoute 


Les parents hélicoptères, comme tous parents, ont la volonté de faire ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants. Néanmoins, « ils ont tendance à calquer leur propre image de la réussite », explique Myriam. C’est typiquement le cas lorsqu’un parent pousse son enfant à faire certaines activités sans lui demander ce qu’il en pense vraiment.

Par exemple, « cette maman est une fois venue me demander des conseils pour son fils car elle pensait qu’il avait un problème. Il refusait à tout prix de sauter dans le bassin durant ses cours de natation. En fin de compte, le vrai problème était que la natation n’était pas un de ces centres d’intérêt et que, de fait, il n’avait aucune motivation à se jeter dans le bassin. »

Faire de la natation, devenir médecin, musicien, architecte, viticulteur, être bilingue… la définition de la réussite peut être très différente d’un parent à un autre, mais dans tous les cas, les parents hélicoptères imposent leur propre volonté au détriment de celle de leurs enfants. Ils ont tendance à contrôler les détails de leur vie pour s’assurer qu’ils avancent bien dans le chemin qu’ils pensent être le meilleur pour eux.

Malheureusement tout cela n’est pas sans conséquences pour l’enfant. Il a besoin, dès le plus jeune âge, « de s’assurer que ses parents soient là pour lui, qu’ils lui apportent la sécurité physique et affective dont il a besoin », signale Myriam. En effet, les enfants recherchent l'amour inconditionnel de leurs parents. Si cette base fondamentale est respectée, ils pourront ensuite développer leur autonomie, leur estime et leur confiance en soi, leur curiosité…

Avec le parent hélicoptère, il y a un risque que ces besoins ne soient pas comblés. En poussant l’enfant à faire certaines choses sans lui demander son avis, il a l’impression que ses besoins ne comptent pas, qu’il n’est pas écouté et respecté par ses parents. Forcé à suivre un chemin qu’il n’a pas choisi, il peut se démotiver, perdre sa curiosité et sa confiance en soi.

« Les parents hélicoptères préservent aussi leurs enfants de tout ce qui ne va pas servir leurs objectifs », explique Myriam. En bref, ils écartent toutes les choses considérées comme futiles du chemin de la réussite. Par exemple, certains parents n’impliquent pas les enfants dans les tâches ménagères car ils souhaitent qu’ils se concentrent à 100% sur l’école, « mais en faisant cela, on les empêche d’être autonomes et de développer un certain sens des responsabilités… des qualités qu’on voudrait finalement retrouver chez nos enfants ».

Comment savoir si j’agis comme un parent hélicoptère ?


Il est possible qu’on agisse parfois en tant que parent hélicoptère sans forcément s’en rendre compte. En fait, tous les parents le sont à des degrés différents. 

Pour savoir où on se situe, il y a tout de même des questions qu’on peut se poser : « est-ce que mon enfant fait souvent des crises, est-ce qu’il a de la difficulté à gérer ses émotions ? » et « si en face de moi, ce n’était pas mon enfant mais un adulte, est-ce que je me permettrais d’agir comme j’agis ? ».

Myriam explique que si les crises ne sont pas forcément le signe qu’on est un parent hélicoptère, elles peuvent être un indice que quelque chose ne va pas, que l’enfant ne se sent pas écouté et respecté. Et la crise, la colère ou les pleurs sont sa façon de manifester son désir d’être considéré pour ce qu’il est.

Avec la seconde question, il s’agit de se demander si on respecte son enfant comme un être humain à part entière plutôt que comme un être soumis. On ne se permettrait pas de forcer un adulte à prendre des cours de violon par exemple ou de choisir une certaine profession, alors pourquoi le ferait-on avec un enfant ?

Comment apporter le meilleur pour son enfant ?


Pour aider l’enfant à aller de l’avant et à développer toutes ces belles qualités comme la confiance en soi, l’autonomie, le sens des responsabilités, la curiosité, « il vaut mieux laisser son enfant explorer ses propres intérêts, se diriger vers les activités qu’il aime, essayer, se tromper, … il développera ces compétences naturellement », explique Myriam. Par exemple, si l’enfant s’intéresse au basketball, on le laisse découvrir ce sport plutôt que de le forcer à faire autre chose. On lui pose des questions sur ce qu’il aime  « qu’est-ce qui t’a plu dans ton entrainement d’aujourd’hui ? » plutôt que sur ces réussites « est-ce que tu as gagné ton match ? ». L’enfant se sentira aimé, soutenu et il se motivera à apprendre par lui-même.

Myriam conseille aussi de se recentrer sur le présent plutôt que le futur : « On peut se poser la question de ce qui est le plus important : avoir un futur rangé, un bon job à 18 ans ou profiter du moment présent avec son enfant ? ». Une chose est certaine : on ne peut pas contrôler à l’avance ce que nos enfants feront dans 10, 15, 20 ans, mais on peut avoir un impact positif dans leur vie, là, tout de suite, qui persistera dans le futur.

Alors on prend le temps d’observer, d’apprécier de faire fleurir toutes les belles qualités que l’enfant possède déjà plutôt que de lui imposer notre image de l’enfant idéal. On profite aussi pour passer du temps ensemble, d'éteindre les écrans, d'instaurer des moments de partage où on est à 100% présent avec son enfant. Car finalement, comme le souligne Myriam, « on peut seulement lui apporter des qualités intrinsèques comme l’estime de soi » et celles-ci se construisent à travers une relation d’empathie dans laquelle les besoins de l’enfant d’être soutenu, d’être apprécié pour qui il est, sont respectés.

Encore un grand merci à Myriam pour son aide précieuse lors de l'interview et la relecture cet article. On vous invite à découvrir ses podcasts qui traitent du sujet de la parentalité sur www.thefrenchworkingmum.fr et ses services de coaching sur https://www.myriamlevens.fr/

Myriam LEVENS est coach parentale et la créatrice d'un Podcast sur la vraie vie des mères qui travaillent.
Elle accompagne des parents qui cherchent à transformer leur quotidien, pour qu'il soit plus facile, plus serein et plus heureux. Ses accompagnements visent aussi bien le bien-être des enfants que celui des parents et c'est en cela qu'il est efficace. Au travers de son Podcast, elle libère également la parole sur les difficultés que peuvent connaître les mères, en racontant différents parcours de vie.