1. Donner leur des responsabilités
- Mettre les choses à sa hauteur : il s’agit de lui permettre, par exemple, d’aller seul chercher son assiette, son verre, ses couverts... On peut lui préparer une petite cruche avec un peu d’eau pour qu’il puisse se servir de l’eau également (et un petit torchon pour essuyer les accidents à côté). Bref, on met les objets qu'il a le droit de manipuler à sa disposition.
- Organiser les objets (inclus les jouets) selon des catégories facilement identifiables : cuisine et repas, jeux de constructions, livres, etc. Le but est que l’enfant puisse se balader comme on se balade dans les rayons d’un magasin (enfin ça c’était avant…) pour trouver ce qu’il cherche.
- Favoriser les jeux et objets qui ont plusieurs utilisations : des boîtes par exemple que l'on peut empiler, remplir, encastrer (...) ou simplement des jeux de constructions.
- Anticiper le scénario catastrophe. Quand on installe du matériel, on se demande si l'enfant a vraiment tout ce qu’il faut pour se débrouiller seul et ce qu’il peut arriver de pire : qu’il renverse toute l’eau par exemple ? On remplit moins la cruche du coup car un peu d’eau renversé, ce n’est pas dramatique et on ajoute un petit chiffon pour qu’il puisse essuyer. Qu’il fasse tombe un verre ou la cruche ? Dans ce cas, on opte pour une version vaisselle incassable. Cette étape prend du temps (et on devra certainement ajuster) mais cela va vous faciliter grandement la vie.
2. Créer des rituels...
- Démarrer et finir la journée avec un moment de partage : que ce soit chanter une chanson, faire une petite danse ou lire un livre, il faut que cette journée démarre et finisse par un moment où vous êtes disponible et où il peuvent identifier clairement que c'est le début de la journée de "travail" (en dehors du petit-déjeuner et de l’habillage)
- Essayer de ne jamais laisser passer plus de 45 minutes entre les moments où l’on est disponibles. Cela impose de ne jamais avoir de réunion téléphonique de 45 minutes par exemple : c’est compliqué, mais c’est clé d’imposer cela à l'employeur pour pouvoir tout gérer de front. En réalité, 30 minutes serait même encore mieux ! Si vous êtes 2, essayez de vous organiser pour que l'un de vous deux soit disponible au moins une fois par heure pour 15 minutes minimum en essayant de marquer le moment de début et de fin de ces interludes ou au moins de prévenir l'enfant suffisamment en avance quand vous allez retourner travailler afin que cela ne génère pas de crise.
- Créer un système d’affichage : par exemple, on crée une sorte de frise de la journée où l'on montre à l’enfant les moments où l’on n’est pas disponible et ceux où on le sera. Si vous avez des aimants, vous pouvez le faire sur le frigo et mettre une photo de vous et votre enfant quand vous êtes disponible et retourner la photo quand vous ne l’êtes pas. Visualiser toute la journée permet aussi de les rassurer pour les aider à voir que vous serez disponible plus tard sans s’angoisser.
3. ...Mais aussi créer du changement
- Ranger : ça semble basique mais bon, si la maison est jonchée de jouets dès le matin 7h, cela va être compliqué de voir le changement. Il faut donc démarrer avec un minimum d’ordre.
- Déplacer les meubles de temps en temps : si on change les choses de place de temps en temps, cela permet d’avoir un nouveau point de vue, de tout découvrir sous un nouvel angle. Vous allez voir comme c’est étonnant mais un objet déplacé de quelques mètres qui n’avait pas suscité d’intérêt va devenir le nouveau jeu préféré simplement parce qu’il a changé de place !
- Ajouter des nouveautés dans les boîtes de jeux : nous avions déjà conseillé de créer des zones ou des boîtes de jeux par thème (créativité, lego, etc.) avec tout ce qu’il faut pour qu’un enfant puisse jouer à un jeu dans une thématique précise. Chaque 2-3 jours essayez de changer la composition des boîtes et d’y ajouter un nouvel objet qui n’était pas là la veille : cela va éveiller la curiosité de l’enfant qui va réfléchir comment intégrer ce nouvel objet. Quand on parle de quelque chose de nouveau cela peut-être des rouleaux vides de papier toilette pour la boîte à créativité… Le but est d’intriguer l’enfant et de créer un regain d’intérêt pour cette boîte.
- Avoir une longue liste d’idées joker pour tenir le rythme face à l’attention limitée des enfants. Il est rare qu’un enfant de cet âge se prenne de passion pour une activité et s’y consacre plus de 30 minutes. Si on est préparé, on peut lui proposer plusieurs options : il est en phase d’opposition donc on lui donne le choix plutôt que d’imposer, on a plus de chance qu'il collabore. Bien entendu, on propose des choses diverses mais seulement si on estime à quel point cela nécessite notre présence (et/ou une préparation) et si l’on est vraiment en mesure d’accorder ce temps à l’enfant. Par exemple, la peinture ou la pâte à modeler, ça peut tâcher, il faut s'organiser en fonction et donc savoir si on sera en mesure d'être à leur côté ou non ou de préparer la zone pour limiter la casse.
Le secret c'est donc l'anticipation et il faut bien comprendre que les habitudes vont s'installer sur plusieurs jours avant que l'enfant prenne le rythme. Alors patience ! Nous espérons que tout cela pourra vous aider et vous inspirer !
