L'apprentissage de la musique participe activement au développement du cerveau de l'enfant

En 1,2,3 mots : l’apprentissage, même modéré, de la musique augmente sans conteste les performances sur la lecture, le langage, le rythme, la construction de soi et l’intelligence en général. Ses bénéfices ont été mesuré très tôt, dès 4/5 ans, et après seulement quelques mois de pratique.
 
  • L'apprentissage de la musique modifie la structure du cerveau des plus jeunes après seulement quelques semaines de pratique

Comme tout apprentissage, il mobilisera la mémoire. En l’occurrence la mémoire procédurale sera mise en jeu pour tout ce qui est coordination motrice ainsi que la mémoire de travail pour ce qui est de lire une partition par exemple. L’apprentissage de la musique modifie donc de façon certaines la structure même du cerveau : mais donne-t-il des avantages sur d’autres compétences autres que la musique ? Plusieurs études se sont intéressées aux effets de cet apprentissage sur le cerveau d’enfant de différents âges. Une première conclusion peut être tirée d’images cérébrales faites avant et après l’apprentissage d’un instrument de musique : il ne semble pas exister de cerveau mieux disposé à faire de la musique qu’un autre. Les modifications observées sur le cerveau chez les joueurs d’un instrument de musique seraient donc dû à cet apprentissage même et non a une prédisposition cérébrale à la musique. Plus d’excuses donc pour s’y mettre ! Mieux encore, pas besoin de s’y mettre pendant 10 ans pour obtenir les premiers effets.  La pratique régulière d’un instrument de musique aurait des effets rapides sur le cerveau. Après seulement 6 mois d’apprentissage chez des enfants âgés de 5 à 10 ans, la lecture et l’expression sont nettement améliorées. Après un an de pratique, ses bénéfices seraient acquis de façon pérenne. 

  • L'apprentissage de la musique améliore de nombreuses compétences annexes

Certains effets bénéfiques sur la lecture chez des enfants en difficulté auraient même été observés au bout de quelques semaines. Lire une partition et jouer de la musique semble améliorer les compétences de lecture des mots. Ceci s’explique par le fait que ces deux activités partagent les mêmes mécanismes, notamment en ce qui concerne la mémoire de travail. Ainsi des enfants pratiquant un instrument de musique (instruments classiques européens d’un orchestre, flute, violon etc.) seulement une heure par semaine voient leur capacité à retenir des mots écrits augmentée. Comme la lecture et la musique utilisent des mécanismes cérébraux communs, l’apprentissage de la musique profite naturellement à cette autre compétence. Il en va de même pour le langage : la musique permet d’améliorer la perception des sons et donc des syllabes qui sont prononcées. Elle améliore aussi le rythme et la détection de changement de rythme dans un discours. Toutes ces compétences participent à l’amélioration globale de la maitrise du langage et de l’expression. Par extension, il a également été montré que l’apprentissage d’un instrument de musique permet d’améliorer les compétences d’écriture et même des mathématiques ! 

  • Ecouter Mozart ne rend pas plus intelligent mais la musique contribue au développement de l'intelligence en générale 

Mais ce n’est pas tout ! L’apprentissage d’un instrument de musique aurait également des bénéfices sur l’intelligence en général. Plusieurs recherches ont montré qu’un apprentissage d’un an ou plus permet d’augmenter les performances à des tests de QI de jusqu’à 7 points (alors que ceux qui faisaient du théâtre n’avaient qu’une augmentation de 4 points...). En plus de tout cela, la musique augmente la créativité,  cette dernière étant est un élément essentiel dans le développement de l’enfant. D'ailleurs dans ce cas précis, il ne s'agit pas de mettre tous les enfants au conservatoire mais plutôt de les laisser explorer leur approche à la musique : lorsque ils sont soumis à l’improvisation, ils deviennent plus créatifs que lorsqu’ils suivent des leçons de musique totalement encadrées. De la même manière, jouer d’un instrument de musique en groupe augmente également les habilités sociales et participe à la construction de l’identité de l’enfant et de sa motivation de façon générale. Donc on ne se met pas la pression et on laisse libre cours à cet apprentissage. 
 
Encore plus fort, la musique permettrait de rendre plus riches les enfants une fois adulte ! Non la…ce n’est pas vrai…il ne faut pas exagérer. Mais la musique a tout de même d’incroyables influences sur le développement de manière étendue. Toutes ces études prennent en compte différents instruments de musique avec un apprentissage modéré et régulier, sans prendre en compte le niveau. Donc il ne faut pas s’inquiéter si votre enfant vous fait saigner des oreilles avec son violon, cela reste surement profitable pour lui. Pas besoin non plus de rechercher la performance, de chercher à devenir le meilleur musicien pour avoir les bénéfices de la musique sur le cerveau. Il faut jouer de façon régulière et les bénéfices se font d’autant plus ressentir que l’apprentissage s’étend dans la durée. Dans tout cela, il est essentiel de maintenir le plaisir de jouer un instrument de musique pour l’enfant. 
 
Hallam, S. (2010). The power of music: Its impact on the intellectual, social and personal development of children and young people. International Journal of Music Education, 28(3), 269–289. doi:10.1177/0255761410370658 
Musical Training Influences Linguistic Abilities in 8-Year-Old Children: More Evidence for Brain Plasticity 
Sylvain Moreno  Carlos Marques  Andreia Santos  Manuela Santos  São Luís Castro Mireille Besson Cerebral Cortex, Volume 19, Issue 3, March 2009, Pages 712–723, https://doi.org/10.1093/cercor/bhn120 
Music Training Improves Verbal but Not Visual Memory: Cross-Sectional and Longitudinal Explorations in Children Yim-Chi Ho, Mei-Chun Cheung, and Agnes S. Chan 2003 Neuropsychology
Musical Training Shapes Structural Brain Development Krista L. Hyde, Jason Lerch, Andrea Norton, Marie Forgeard, Ellen Winner, Alan C. Evans and Gottfried Schlaug Journal of Neuroscience 11 March 2009, 29 (10) 3019-3025; DOI: https://doi.org/10.1523/JNEUROSCI.5118-08.2009