Avis d'expert

Éducation non genrée : la fin des stéréotypes ?

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9 MIN

L’éducation non genrée fait partie de ces sujets qui traversent des polémiques, qui cristallisent les émotions et qui font controverse. Pourtant, notre société est encore aujourd’hui empreinte d’une quantité de stéréotypes liés au genre et de préjugés sexistes.

La construction de l’identité doit-elle passer par une éducation non sexuée pour qu’enfin la société soit plus égalitaire ? Nombreux sont aujourd’hui les parents qui s’interrogent : comment donner aux enfants les clefs pour choisir ce que sera leur propre voie, une fois adultes ? L’éducation non genrée promet-t-elle la fin des stéréotypes ?

Éducation non sexiste : halte aux confusions !

Des polémiques existent autour de cette méthode d’éducation. Certains l’ont stigmatisée, et lui ont fait mauvaise presse. Prêts pour connaître ce dont relève vraiment cette pédagogie ?

1,2,3 c’est parti pour les explications !

Rassurons nous

Il ne s’agit pas d’éradiquer toute différence entre les filles et les garçons ! Bien sûr, les enfants ne sont pas similaires ! Mais ce n’est pas parce qu’il existe des différences qu’il doit y avoir des inégalités ou une hiérarchie.

Ne vous inquiétez pas, l’éducation non genrée ne fabrique pas des clones, identiques les uns aux autres ! Elle accompagne juste les enfants dans la reconnaissance de l’autre et dans le respect de l’égalité des sexes, quel que soit l’âge de la vie.

Elle respecte l’être dans son individualité sans lui attribuer des rôles liés à son sexe. Elle lui permet d’expérimenter de nombreux domaines pour qu’il se construise progressivement et pour qu’il devienne un adulte tolérant et  bien dans ses baskets.

Un beau programme, n’est-ce-pas ?

Réfléchissons

Le cerveau a-t-il un genre ? Non. Par contre, il est sensible aux constructions sociales que nous lui imposons, dès la naissance. Voilà pourquoi il est important de réfléchir à ce que nous souhaitons mettre en place pour que nos enfants ne se retrouvent pas dans des cases, souvent définies par des clichés bien trop présents  dans notre société.

Les différences sont surtout créées par l’environnement dans lequel se construit le cerveau de l’enfant. Les interconnexions neuronales se développent en fonction de l’activité pratiquée !

Vous voyez où nous en venons ?

Démonstration :

Si un garçon joue au foot, il va solliciter son intelligence spatiale. Si une fille joue à la poupée, elle va acquérir des compétences langagières.

Si on limite les activités de nos enfants à certains domaines, inévitablement, ils développeront des différences, mais qui auront été orientées par le contexte et non pas par… leur sexe !

Inspirons nous

Un grand homme, Nelson Mandela avait compris que le monde pouvait changer grâce à la transmission.

Notre rôle ne consiste-t-il pas à trouver les chemins pour que nos enfants détruisent les clichés ?

"L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse donner pour changer le monde"  

- Nelson Mandela.

Alors, à nous tous de jouer  !

Éduquer sans entraver la liberté de choix : ce n’est pas toujours facile.

Un constat : les stéréotypes sexués sont omniprésents

Si vous lisez cet article, c’est certainement que vous vous intéressez à l'éducation des enfants.

“Comment éduquer mon enfant ? Quelles valeurs lui transmettre ?”

Nous souhaitons tous une société plus égalitaire, plus humaniste.

Or, le constat est clair : aujourd’hui encore, les clichés envahissent les espaces publics mais aussi les familles.

Voici quelques exemples de stéréotypes sexués qui vous feront certainement réagir ou BONDIR !

La binarité des jouets

Promenons-nous dans les rayons d’un magasin pour enfants : quel est le constat ?

Rares sont les points de vente qui dégenrent les jouets…

D’un côté, la couleur bleue, noire ou rouge, associée aux camions, voitures et supers héros.

De l’autre, la couleur rose, violette, associée aux poupées, poupons, princesses en tout genre.

Affreusement cliché, n’est-ce-pas ? Et pourtant, tellement ancré dans notre société soi-disant égalitaire…

Comme si deux mondes ludiques s’opposaient et ne pouvaient se rejoindre. Dramatique car les à priori sexistes incitent inconsciemment les enfants à développer des compétences de genre, et non pas à devenir eux-mêmes.

Si l’on empêche un garçon de jouer aux poupées ou à une fille de construire un robot, on limite aussi son cerveau qui ne va pas développer certaines compétences. Dommage ?

Alors, loin de nous l’idée de supprimer le rose pour les filles.

L’essentiel est de leur laisser le choix, de ne pas aller à l’encontre de leur tendance naturelle.

Prêts pour combattre les prospectus de jouets ? 1,2,3 c’est parti pour quelques conseils !

  1. Regardez les catalogues très genrés, distribués dans vos boîtes aux lettres avec vos enfants. Montrez-leur chaque page, sans faire de distinction de sexe pour les jouets. Si votre garçon veut une poupée, alors, super ! Et si c’est votre fille, alors, très bien aussi ! Barbie et Superman peuvent cohabiter dans les chambres de tous les enfants, quel que soit leur sexe !
  2. Prévenez votre entourage de votre démarche : non, noël ne sera pas forcément rose pour Alice et bleu pour Gaston ! Et aucune réflexion du type : “quoi, une poupée pour un garçon” ne sera acceptée !
  3. N’enfermez pas votre enfant : offrez lui la possibilité de choisir. La lutte contre les clichés n’implique pas non plus de tomber dans l’excès inverse.

Les activités : STOP aux préjugés !

Tâches ménagères

“Arthur, sors la poubelle, ta soeur fait la vaisselle !”

Une injonction qui fait sûrement écho chez certains, non ? Au quotidien, nous faisons beaucoup de gestes qui font perdurer les mauvaises habitudes liées aux genres.

Pourtant, prendre du recul s’avère nécessaire. Le partage des tâches n’a bien évidemment aucun rapport avec le sexe. Une longue tradition très ancrée nous fait parfois oublier les bonnes pratiques : chacun doit participer aux tâches domestiques, à part égale, personne ne peut prétexter être exempté pour une raison de genre !

Sport et activités manuelles

La palette des sports envisageable pour nos enfants est extrêmement vaste ! Alors, sus aux traditionnels clichés : oui, une fillette sera une excellente ailière sur une pelouse verte, et un garçon pourra exprimer toute sa sensibilité ou bien toute sa force lors d’une séance avec ses camarades de danse.

Les préjugés sont encore très ancrés : surtout, laissons la liberté à nos enfants de choisir et profitons des nombreuses portes ouvertes des activités pour leur donner la chance de connaître tout le champ des possibles !

Bien sûr, il faudra certainement défendre les choix de nos enfants face à des critiques directes.

Démonstration :

Si quelqu’un s’offusque de voir votre garçon au cours de danse, ne lui répondez pas directement et frontalement mais adressez-vous à votre enfant :

-Pfff, la danse, ce n’est pas pour un garçon !

-Tu sais bien que la danse n’est pas une activité pour les filles et que ce qui compte est de faire ce que l’on aime. Tu es heureux dans ce sport et tu es libre de tes choix.

La littérature de jeunesse, les dessins animés et les jeux

Eh oui ! Même la culture n’est pas épargnée par les stéréotypes…

Avez-vous déjà remarqué combien les héros sont souvent mis dans des cases sexistes ?

Activités futiles pour les filles, métiers à connotation féminine pour les femmes, dépendance envers les hommes, qui, eux, sont plutôt dans l’action…

Alors, quelle attitude adopter ? Doit-on rejeter tous les classiques et supprimer un versant de la littérature ou de la télévision ?

Peut-être que discuter avec son enfant suffit pour amener une réflexion sur les héros, sur leur rôle, et pour anéantir les préjugés.

D’ailleurs, il existe un nouveau courant de littérature qui tombe dans l’excès inverse : la stigmatisation, quelle qu’elle soit, peut être un prétexte à  la discussion.

Qu’est-ce-qui me plaît dans cette histoire ? Qu’est-ce que je n’aime pas ? Et toi, que ressens-tu ?

Les émotions : une expression nécessaire

“Oui, nos garçons ont le droit de pleurer”

“Non, ma fille n’est pas chochotte”

Les émotions ont la vie dure sous l’influence des genres ! La colère n’est pas réservée qu’aux hommes et les larmes uniquement aux femmes.

Et pourtant, combien de fois entendons-nous “ne fais pas ta fille” lorsqu’un garçon exprime sa tristesse ?

Pourtant accepter ses émotions, les exprimer et les reconnaître est une force pour tous, filles comme garçons et nous pouvons encourager nos enfants à travailler dessus.

Apprenons à nos garçons à exprimer leur peine mais aussi celle des autres ! L’empathie se construit dès l’enfance.

Apprenons à nos filles à exprimer leur courroux, à le reconnaître et à l’extérioriser.

Élever des enfants épanouis : chaque parent en rêve. Un futur adulte bien dans ses baskets, capable de s’adapter à toutes les situations, prêt à exprimer ce qu’il ressent, ayant la liberté d’être ce qu’il souhaite sans être enfermé dans les stéréotypes de genre…

Voilà l’idéal de nombreux parents. Bien que la société soit encore remplie de stéréotypes sexués, nous pouvons aider à construire une société plus juste et plus égalitaire en nous asseyant sur les préjugés ainsi que sur les clichés, sans toutefois oublier que, oui, une fille est différente d’un garçon, et que c’est une excellente chose !


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