Comment limiter l’anxiété des enfants face aux actualités violentes ?

On pensait avoir eu notre dose en 2020… Et pourtant entre le virus, le confinement et les attentats extrêmement violents, on peut se demander si tout cela ne va pas en faire des enfants anxieux, soucieux et stressés. C’est légitime de le penser. Vers 7 ans, les enfants réclament vraiment de comprendre de manière rationnelle ce qu'il se passe. Alors comment faire pour accompagner nos enfants face à cette actualité peu réjouissante ?

5 conseils pour aider les enfants à ne pas avoir peur des faits d'actualité


1 - Laisser venir les questions plutôt qu’être proactif
A moins que les personnes impliquées dans les actes violents de l’actualité ne soient des proches, on ne va pas spontanément faire venir les enfants en leur disant : “Une chose affreuse est arrivée, parlons-en !”. Nous vivons dans un monde où ils vont forcément en entendre parler : laissez venir les questions et si elles ne viennent pas, demandez simplement à l’enfant s’il a entendu parler ce qu'il s'est passé. Parfois ils n’osent pas et cette petite impulsion délie les langues.

2- Ecouter avant de réagir
Chaque enfant est différent et l’interprétation d’une situation tout comme l’impact qu’elle a sur lui peut varier d’un enfant à l’autre. Il est donc important de les écouter pour comprendre ce qu’ils ressentent avant de faire des conclusions hâtives. On leur demande :
  • Est-ce que tu as vu/entendu ce qu’il s’est passé ?
  • Qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce que cela te fait ?
  • Est-ce que cela va changer des choses pour toi ?

3- Les mots avant les images
On évite au maximum les images violentes en boucle à la télévision ou ailleurs. C’est important d'utiliser les mots et d’éviter au maximum les images car avec les infos en continu et le réseaux sociaux, on a tendance à tomber dans une sorte de voyeurisme (comme quand on ralentit pour voir l’accident qui a eu lieu sur l’autoroute par exemple). Ce qui compte c’est ce qu'il s’est passé, et non pas les détails de la situation, car ce sera plus compliqué pour l’enfant de relativiser les images qui ne peuvent pas être changées ou nuancées.

4- Leur peur avant notre peur
C’est certainement ce qu’il y a de plus compliqué mais il faut éviter de communiquer notre propre peur d’adulte car elle se transmet très facilement aux enfants. Nous devons donc faire passer notre peur au second plan. Si nous sommes tristes, en colère sans que l’enfant ne puisse comprendre la raison de ces émotions, il va penser que cela est de sa faute, qu’il est responsable de cet état émotionnel et par conséquent il va avoir peur de notre peur. Si l’on se sent débordé par nos propres angoisses en abordant le sujet, il ne faut pas hésiter à dire aux enfants que l’on en parlera plus tard et se calmer, avant d’aborder la conversation avec l’enfant.

5- Apprendre à vivre avec l’incertitude avant d’affirmer
“Les gentils gagnent toujours à la fin” ; “Ça ne pourra jamais nous arriver”; “Ça ne se reproduira plus”, etc. On a envie de dire tout cela à nos enfants. Mais dans la mesure où cela n’est pas une certitude, il est possible que les enfants deviennent même plus anxieux si jamais ils refont face à ces difficultés. Il faut être ouvert avec les enfants, leur expliquer qu’on ne peut pas tout contrôler, qu’on a le droit d'être triste ou en colère mais qu’il ne faut pas s’arrêter de vivre pour autant. La seule chose que nous pouvons contrôler ce sont nos propres actions : nous devons continuer de vivre en respectant les autres et les règles qui nous permettent de vivre ensemble (comme le confinement). On ne peut pas tout prévoir mais les horreurs, par exemple, restent les actes d’une minorité de gens, ça c’est un fait. Pour le reste, il faut savourer le temps présent et se réjouir de l’avenir, tout en sachant qu’éventuellement il faudra changer ses plans.

« L’émotion la plus ancienne et la plus profonde de l’humanité est la peur, et la peur la plus ancienne et la plus profonde est la peur de l’inconnu. »
H.P. Lovecraft