Apprendre à maîtriser ses peurs à 4-5 ans

Apprendre à maîtriser ses peurs à 4-5 ans

Vers 4-5 ans certains enfants s'interrogent sur la mort.

Les points clés

scroll

Une émotion cruciale

Souvent considérée négative, la peur est en fait une réaction émotionnelle très importante. Elle peut nous sauver la vie ! Sans peur, on ne se défendrait pas et on ne prendrait pas la poudre d'escampette face à un danger (tel un gros serpent). La peur nous aide à survivre, mais elle peut devenir problématique quand nos réactions émotionnelles sont démesurées et qu'elle détériore notre bien-être. Si votre enfant souffre d'un traumatisme, de phobies, de crises d'angoisse, il vaut mieux consulter l'avis de professionnels.

Pas encore équipés

Les enfants font face à la peur de manière différente que les adultes. Leur cortex sensoriel (zone du cerveau qui analyse les informations qui viennent des 5 sens) et leur hippocampe (qui traite la mémoire) sont en pleine construction. Physiologiquement, ils ne sont pas encore équipés pour faire face à la peur tout seuls. Ils ont besoin des autres pour se calmer et prendre du recul face à leurs émotions.

Elles évoluent

Les peurs évoluent au fil des années et sont preuve de maturation. Dès 2 ans, les enfants font preuve d'une grande imagination et ils ont des peurs dites archaïques (peur du noir, des monstres, des fantômes). C'est aussi une période marquée par des cauchemars et des peurs passagères (gros chiens, abeilles). Dès 6 ans, les peurs se rapprochent de celles des adultes et paraissent plus rationnelles et spécifiques à une situation: peur du vide, de mourir, d'avoir un accident, d'être rejeté par les autres, etc.

L'influence des autres

Nos réactions émotionnelles sont importantes car elles ont une influence sur nos enfants. Si vous avez peur des araignées et que vous paniquez face à leur présence, il est fort probable que votre enfant aura également peur de ces petites bestioles. Avec une attitude plus calme, l'enfant comprendra qu'il n'y a pas de raisons de s'inquiéter. Bien sûr, maîtriser ses peurs est parfois difficile, même pour nous ! Mais c'est bien de garder ça en tête pour éviter de transmettre des peurs additionnelles à nos enfants.

Juste équilibre

Il est important de prendre au sérieux nos enfants, car même si leurs peurs peuvent paraître dérisoires, pour eux elles sont bien réelles. Ils ont besoin de se sentir compris et soutenus pour diminuer leurs craintes. Par contre, il ne faut pas non plus adopter une attitude excessive et les surprotéger. Si votre enfant est timide et que dans toute situation sociale vous répondez pour lui, ça lui signale que sa peur de parler aux gens est fondée et qu'il ne pourra jamais y faire face tout seul.

Je ne suis pas ma peur

Pour donner un sentiment de contrôle à nos enfants, il est important de leur rappeler que leurs peurs ne les définissent pas. En effet, il est facile d'imaginer que nos peurs font partie de nous-mêmes, qu'on ne pourra jamais s'en débarrasser tellement qu'elles sont ancrées en nous. Au lieu de ça, on explique aux enfants que leurs craintes sont comme des visiteurs indésirables qu'on peut apprendre à chasser de notre esprit.

1,2,3 manières de maîtriser ses peurs

Tous les détails et notre sélection pour chacune de ces approches sont à retrouver plus bas ou en cliquant sur les images.
scroll
1

Comprendre

Lorsque nous avons peur, nous avons tendance à penser aux pires scénarios possibles. Il est difficile de prendre du recul. Cela l'est encore plus pour les enfants, car leur cerveau n'est pas encore mature. Pour les aider avec leurs angoisses, on leur apprend à comprendre ce qui leur fait peur et les émotions qui surgissent en eux.
2

Se défouler

La peur, c'est avant tout une sensation physique désagréable. On se sent agité, nerveux, tendu, notre cœur bat très vite... Alors rien de mieux que se défouler pour apaiser les tensions et calmer son corps ! Cela passe par le rire, la danse, crier, chanter, courir, sauter, etc.
3

Communiquer

Il est important de créer un climat favorable à l'échange avec nos enfants et de valider leurs peurs même si elles peuvent nous paraître anodines. Car pour surmonter leurs craintes, ils ont besoin de se sentir compris. Il est également important de partager nos propres peurs pour leur montrer qu'il est normal de se sentir anxieux.
1

J'observe ce qui me fait peur

a
A faire soi-même

Les bruits de la nuit

Lorsqu'il fait noir, l'imagination des enfants s'emballent et les bruits normalement anodins se transforment en sons inquiétants. Des méchants monstres font craquer le parquet, une sorcière sur son balai fait frémir les feuilles à l'extérieur, un loup affamé crie au loin, un fantôme renverse la chaise. Bref, dans le noir, les créatures imaginaires prennent vie et empêchent parfois les enfants de s'endormir confortablement. Pour leur apprendre à avoir moins peur du noir, en plus d'installer une petite veilleuse dans leur chambre, on peut leur proposer d'observer les bruits de la nuit ensemble. Un peu avant la tombée de la nuit, on s'installe dans le jardin, sur le balcon ou proche de la fenêtre avec une couverture bien chaude s'il fait froid et on écoute avec attention les bruits environnants pour les identifier. Peut-être qu'il y a un corbeau qui croasse, un chat qui miaule, un voisin qui jette sa poubelle dans le container, l'ambulance qui traverse la rue... En reconnaissant les différents sons qui l'entourent, l'enfant aura moins peur dans le noir.
Préparation Aucun
Temps de jeu Variable
2

Je canalise mes peurs

a
A faire soi-même

Le monstre qui fait rire

Le but est de dessiner ensemble un monstre le plus drôle possible. On commence par le corps : est-ce qu'il sera gros ou tout long et grand ? Il sera de quelle couleur ? Ensuite les yeux : combien en a-t-il ? Où ? La même chose pour les bras : est-ce qu'il en a beaucoup ? Où sont ils situés ? A-t-il de doigts ? Vous pouvez répondre à ces questions ensemble et une personne dessine ou alors chacun est responsable d'une partie du corps (le nez, les jambes, les cheveux, etc.) et ajoute sa petite touche au dessin. 

Une alternative est de chercher et d'imprimer un dessin de monstre qui fait vraiment peur à votre enfant. Ensuite, on essaye ensemble de rendre ce méchant monstre le plus ridicule possible pour nous faire plus rire que pleurer : on lui fait porter un slip jaune, des fleurs sur la tête ou toute autre technique qui rende ce méchant monstre bien plus amusant.
Matériel Un feuille, des feutres ou des crayons de couleur
Préparation Aucun
Temps de jeu 20 Minutes
A faire soi-même

Peur, va-t'en !

Une activité tout simple, tirée du livre de Stéphanie Couturier, qui permettra à vos enfants d'exprimer leurs émotions et de libérer leur agressivité tout en prenant de la distance avec ce qui leur fait peur. À tout de rôle, on demande aux enfants de citer un objet, une personne ou une situation qui leur fait peur (par exemple les clowns, les poupées, aller chez le dentiste). Ensuite, de manière imaginaire, ils placent cette peur par terre ou sur un meuble et ils ont droit de lui faire subir le sort qu'ils veulent. Par exemple, ils peuvent l'écraser, lui envoyer un coup comme dans un ballon de foot, l'expédier au Pôle Nord ou sur la planète Mars, la jeter à la poubelle, lui crier dessus, etc. 
Préparation Aucun
Temps de jeu 10 Minutes

Nos iD livres & jeux les plus adaptés

scroll

Va-t'en, grand monstre vert !

Kaléidoscope

Catégories d'âge
2 ans 3 ans
Développement
peur
Gamme de prix
Un grand monstre vert se cache dans ce livre ! Au début, on ne voit que ses grand yeux jaunes. Puis tout à coup apparait son long nez turquoise suivi de ses dents blanches et pointues. Au fur et à mesure que vous tournez les pages, le monstre devient encore plus réel. Mais vous n'aimez pas les monstres, alors vous décidez de le chasser jusqu'à ce qu'il disparaisse !
3

L'importance de s'exprimer

a
Idée astucieuse

Les bons mots

Vers 4-5 ans, certains enfants commencent à s'interroger sur la mort et peuvent développer une peur à son sujet, surtout s'ils connaissent des personnes de leur entourage ou des animaux de compagnie qui sont décédés. Il est important de ne pas éviter ces discussions et d'aborder les sujets sombres (mort, maladies graves, accidents) avec sincérité. On évite les expressions du style: "papi s'est endormi" ou "papi est parti". Ces fausses images peuvent perturber l'enfant et encourager des peurs inutiles (angoisse pour s'endormir, peur d'être abandonné, etc.). Au lieu de ça, on utilise les bons termes même s'ils paraissent un peu brutaux pour un enfant : "papi est mort, on ne pourra plus le voir en personne, mais il vivra toujours dans nos souvenirs et dans nos cœurs". On n'hésite pas non plus à parler de nos émotions, à échanger avec l'enfant: "je comprends que tu sois triste, papi va aussi beaucoup me manquer tu sais". De cette manière, les enfants se sentiront compris et ils trouveront normal d'exprimer leurs émotions.

Nos iD livres & jeux les plus adaptés

scroll

Le monstre des couleurs

Asmodée

Catégories d'âge
4-5 ans 6-7 ans
Développement
communication confiance-en-soi emotions peur
Gamme de prix
€€
Le monstre des couleurs est un très beau jeu coopératif où tous les joueurs doivent retrouver ensemble les émotions du monstre en les illustrant d'exemples. Ils doivent également faire travailler leur mémoire, car ils devront se souvenir de leur place sur les étagères. Le jeu reprend les illustrations du magnifique livre du même nom, excellent pour découvrir et communiquer sur ses émotions. Faire s'exprimer les enfants est le premier pas pour vaincre ses peurs et maîtriser ses émotions. Jeu recommandé par keljeu.fr

Notes & références

a