Avis d'expert

7 astuces pour aider les enfants à parler en public

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Vous vous souvenez de ce moment où vous avez dû faire un exposé devant toute la classe ? C’est rarement un exercice facile et la sensation d’inconfort qui découle de ces expériences mitigées durant la petite enfance peut nous suivre toute notre vie : on la retrouve intacte lors de notre premier entretien d’embauche, d’une présentation au comité de direction ou même lors d’un discours de mariage. C’est également très spécifique à la culture francophone car dans la culture anglo-saxonne, les enfants sont souvent bien plus à l’aise et bien mieux préparés.
 
Alors comment fait-on pour accompagner nos enfants et éviter les traumatismes ? Voici quelques astuces pour en finir avec le complexe de prise de parole.
 

1. On n’attend pas d'être devant le fait accompli

Évidemment, si on attend le jour où on a un très gros exposé à faire devant la classe pour parler publiquement, on risque d’être au niveau de stress maximal. On s’entraine donc à la maison, dès le plus jeune âge, avec des jeux de rôle par exemple où ils jouent la maîtresse (ou le président !). On n’hésite pas à chanter ou réciter ses poésies devant la famille. La mise en pratique peut être également aussi simple que de demander le pain à la boulangère ou commander son plat au restaurant. 
 
Pour s’entrainer : on peut créer des discussions avec prise de paroles avec les Petits Philosophes
 

2. On apprend à avoir la bonne posture  

Tout est dans l’attitude. Il est important d’expliquer aux enfants que la manière dont on se tient, la posture va être déterminante pour notre performance : non seulement cela se répercute sur l’image que l’on renvoie aux autres mais également sur la perception que l’on a de soi-même. Si l’on est prostré, les épaules rentrées, la tête baissée, les autres vont percevoir que l’on est mal à l’aise et notre cerveau perçoit que l’on est sur la défensive. En revanche si l’on adopte une posture bien calée sur ses deux pieds, la tête haute et pourquoi pas les mains sur la taille comme un super héros, cela donne tout de suite confiance à l’audience. Cela permet également au cerveau es informations au cerveau que l’on est plus sûr de soi. 
 
Pour s’entrainer : on peut par exemple jouer à la transformation des personnages
 

3. On travaille l’intonation

Ce que l’on dit, c’est important mais la manière dont on le dit. Avoir le bon ton fait généralement toute la différence. Il existe plein de manières très rigolotes pour s’entrainer à avoir un discours sans même utiliser des mots : on peut, par exemple, décider de ne parler qu’en utilisant des blablabla cuicuicui pendant une période donnée. On peut aussi jouer à la recette au ton qui consiste à lire une recette en faisant passer différentes émotions. Bref, c’est très efficace pour faire comprendre que ce que l’on dit n’a de sens que si on y met les bonnes intonations mais aussi prouver que l’on peut créer des effets rigolos en jouant avec le ton.
 

4. On apprend à avoir de la répartie

Qu’est-ce qui nous fait le plus peur quand on parle en public ? Ce n’est pas nécessairement ce que l’on a à dire mais on a souvent peur de pas savoir quoi répondre si on nous pose une question ou si on perd le contrôle du déroulé. Alors comment faire pour s’entrainer à avoir de la répartie ? On apprend d’abord à faciliter les associations d’idées avec des jeux comme en même temps ou le jeu des images et des mots : une pensée doit en amener un autre. C’est en s’entrainant que l’on va faciliter ces connexions et les rendre plus spontanées. Savoir répondre, c’est aussi savoir écouter. Pourquoi ne pas jouer à mensonge ou vérité qui va permettre aux enfants d’apprendre à bien écouter avec un esprit critique mais également à construire une narration convaincante pour être crédible auprès des autres joueurs.
 

5. On dédramatise

C’est fou comme on se fait tout un film de ce qui pourrait arriver si jamais la prise de parole en public ne se passait pas bien : essayez de jouer à « Qu’est-ce qu’il pourrait arriver de pire ? ». On exagère les situations pour permettre aux enfants de se rendre compte qu’au final, il n’y a rien de vraiment grave à se tromper. 
 

6. On gère le stress

Le stress consomme beaucoup d’énergie : en temps normal notre cerveau est déjà un très gros consommateur d’énergie mais cela est encore plus marqué quand on est stressé. Pas étonnant alors qu’on s’emmêle les pinceaux et que l’on perde la mémoire. Il est donc important pour être performant de réussir à canaliser ce stress, particulièrement quand ce trac monte juste avant une performance. On peut le faire simplement en 4 étapes :
  • Rester calme soi-même ! Le stress c’est communicatif : parlez-leur calmement et à leur hauteur.
  • Rappeler à l’enfant qu’il a fait les efforts nécessaires avant ! La restitution du travail est finalement la partie la plus facile.
  • Se débarrasser des idées angoissantes en faisant un dessin ou en écrivant ce qui nous angoisse sur une feuille que l'on peut froisser ensuite pour mieux s'en détacher.
  • Faire des exercices de respiration et/ou de perception : l’enfant ferme les yeux et se concentre sur son ressenti. Puis, on lui demande de respirer 3x fois profondément et de penser à comment il aimerait se sentir. Il faut qu’il se concentre sur ces images et le ressenti idéal. On n’oublie jamais que si l’on pense très fort que l’on marche sur la plage, le cerveau pensera qu’il a marché sur la plage….
 

7. On maîtrise son sujet  

Il n’y a pas de secret : si on doit prendre la parole sur un sujet dans un contexte formel, il est important de maîtriser son sujet. Le travail en amont et la répétition vont permettre aux enfants de ne plus y penser le jour J. Il faut aussi que les enfants soient convaincus qu’ils en savent plus sur le sujet qui va être évoqué que toutes les personnes présentes dans l’audience. Quoi qu’il arrive, ils sont les experts. Cette conviction est importante pour le lâcher-prise. S’ils ne sont pas confiants, on peut leur expliquer que c’est comme cela que le cerveau fonctionne : les neurones et les connexions entre ceux-ci se renforcent à force d’effort et de répétition. Cela signifie que plus on travaille un sujet, plus les neurones et les connexions dans ce domaine vont se développer. C’est ça développer une expertise et c’est scientifiquement prouvé !
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