Apprendre à maîtriser ses peurs à 6-7 ans

Apprendre à maîtriser ses peurs à 6-7 ans

Vers l'âge de 6 ans, les craintes des enfants deviennent rationnelles et proches de celles des adultes. Ils ont de plus en plus peur de ce qui pourrait arriver dans la réalité, par exemple se faire kidnapper, avoir un accident, attraper une maladie grave. Ils deviennent de plus en plus conscients d'eux-mêmes et des autres, alors des peurs sociales émergent. Ils peuvent craindre les présentations orales, subir des moqueries, se faire exclure par leurs camarades, etc. Finalement, l'école devient plus exigeante alors certains enfants risquent de développer un peur de l'échec.

Les points clés

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Une émotion cruciale

Souvent considérée négative, la peur est en fait une réaction émotionnelle très importante. Elle peut nous sauver la vie ! Sans peur, on ne se défendrait pas et on ne prendrait pas la poudre d'escampette face à un danger (tel un gros serpent). La peur nous aide à survivre, mais elle peut devenir problématique quand nos réactions émotionnelles sont démesurées et qu'elle détériore notre bien-être. Si votre enfant souffre d'un traumatisme, de phobies, de crises d'angoisse, il vaut mieux consulter l'avis de professionnels.

Pas encore équipés

Les enfants font face à la peur de manière différente que les adultes. Leur cortex sensoriel (zone du cerveau qui analyse les informations qui viennent des 5 sens) et leur hippocampe (qui traite la mémoire) sont en pleine construction. Physiologiquement, ils ne sont pas encore équipés pour faire face à la peur tout seuls. Ils ont besoin des autres pour se calmer et prendre du recul face à leurs émotions.

Elles évoluent

Les peurs évoluent au fil des années et sont preuve de maturation. Dès 2 ans, les enfants font preuve d'une grande imagination et ils ont des peurs dites archaïques (peur du noir, des monstres, des fantômes). C'est aussi une période marquée par des cauchemars et des peurs passagères (gros chiens, abeilles). Dès 6 ans, les peurs se rapprochent de celles des adultes et paraissent plus rationnelles et spécifiques à une situation: peur du vide, de mourir, d'avoir un accident, d'être rejeté par les autres, etc.

L'influence des autres

Nos réactions émotionnelles sont importantes car elles ont une influence sur nos enfants. Si vous avez peur des araignées et que vous paniquez face à leur présence, il est fort probable que votre enfant aura également peur de ces petites bestioles. Avec une attitude plus calme, l'enfant comprendra qu'il n'y a pas de raisons de s'inquiéter. Bien sûr, maîtriser ses peurs est parfois difficile, même pour nous ! Mais c'est bien de garder ça en tête pour éviter de transmettre des peurs additionnelles à nos enfants.

Juste équilibre

Il est important de prendre au sérieux nos enfants, car même si leurs peurs peuvent paraître dérisoires, pour eux elles sont bien réelles. Ils ont besoin de se sentir compris et soutenus pour diminuer leurs craintes. Par contre, il ne faut pas non plus adopter une attitude excessive et les surprotéger. Si votre enfant est timide et que dans toute situation sociale vous répondez pour lui, ça lui signale que sa peur de parler aux gens est fondée et qu'il ne pourra jamais y faire face tout seul.

Je ne suis pas ma peur

Pour donner un sentiment de contrôle à nos enfants, il est important de leur rappeler que leurs peurs ne les définissent pas. En effet, il est facile d'imaginer que nos peurs font partie de nous-mêmes, qu'on ne pourra jamais s'en débarrasser tellement qu'elles sont ancrées en nous. Au lieu de ça, on explique aux enfants que leurs craintes sont comme des visiteurs indésirables qu'on peut apprendre à chasser de notre esprit.

1,2,3 manières de maîtriser ses peurs

Tous les détails et notre sélection pour chacune de ces approches sont à retrouver plus bas ou en cliquant sur les images.
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Se dépasser

Pas facile de confronter nos peurs... mais c'est possible ! En fait, il faut encourager les enfants à le faire assez vite parce que plus on évite les choses qui nous fichent la trouille, plus on en aura peur. Bien sûr, il ne faut pas les brusquer car sinon ils risquent plutôt d'être traumatisés. Mais on peut les accompagner, petit à petit, à se dépasser.
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Je prends du recul

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Je surmonte mes peurs

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Idée astucieuse

Les petits défis

Voici une idée pour aider votre enfant à surmonter ses craintes tout en douceur, car le but n'est pas de l'effrayer. Cette astuce convient à tout genre de peurs : peur du noir, des insectes, des chiens, de se rapprocher des autres, de parler en public, de l'eau, etc. 
  • Tout d'abord, on définit avec l'enfant la peur qu'il souhaite surmonter. 
  • Ensuite, on crée des petits défis avec différents niveaux de difficulté (1 étoile pour facile, 2 étoiles pour moyen et 3 étoiles pour difficile). On écrit ces défis sur des cartes. Voici des exemples de difficulté pour les différentes peurs mentionnées. On peut créer plusieurs cartes pour chaque niveau de difficulté.
  • Durant la première semaine, on challenge l'enfant avec les défis de niveau 1. Ensuite, s'il se sent à l'aise, on peut passer au niveau 2, etc. 
  • Si la crainte persiste avec le temps et que l'enfant montre beaucoup de réticence à essayer le moindre défi, il ne vaut mieux pas insister et en parler avec des professionnels de la santé.
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Je crois en moi

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Idée astucieuse

Ca, c'est moi !

Parfois les enfants n'entendent pas vraiment quand on leur fait des compliments ou ils oublient vite. Pour certains enfants être capables de visualiser ce qui est positif permet de rendre la chose plus concrète, réelle. 

L'activité est simple : on prend une grande feuille A3 qui servira de support à un collage. Le but est de construire un tableau représentant les qualités et les réussites : avec des autocollants et/ou en découpant des images dans des magazines, on crée comme un tableau. Chaque image doit illustrer quelque chose de positif et on peut écrire en dessous de quoi il s'agit. Cela peut-être une qualité (toujours souriant), une compétence (un super surfeur) ou une réussite (10 août 2019 : a fait le meilleur gâteau au chocolat de l'histoire). C'est un tableau qui doit être vivant ! De temps en temps, on le regarde (quand on a pas le moral) et on peut y ajouter des éléments : c'est un sorte de livre d'or où chacun laisse son petit mot. Il n'a pas besoin d'être exposé, il peut être collé à l'intérieur de la porte d'un placard par exemple. En tout cas c'est un outil précieux pour se donner un coup de boost quand on a le moral dans les chaussettes.  
A faire soi-même

Cocotte de la confiance

Voici un petit jeu pour booster la confiance de votre enfant. Si vous ne savez plus comment fabriquer des cocottes en papier, voici un tutoriel. À l'intérieur de chaque cocotte, on écrit 8 solutions pour se sentir mieux qu'on associe à une couleur. On peut utiliser cette cocotte lorsqu'on pense qu'on ne va pas s'en sortir dans une situation difficile ou lorsqu'on se sent anxieux, déçu de soi-même, etc. Voici des exemples de solutions :
  • Rouge : pense à une personne qui t'aime fort
  • Bleu : pense à une difficulté que tu as surmontée
  • Vert : prends 3 inspirations profondes
  • Jaune : pense à tes 3 plus grandes qualités
  • Violet : pense à un souvenir qui te réchauffe le cœur
  • Rose : dessine les émotions que tu ressens
  • Orange : fredonne une chanson qui te met de bonne humeur
  • Noir : pense à une situation qui te fait peur et comment tu la surmonterais
Pour jouer, la personne qui a la cocotte entre les mains demande à l'autre personne de choisir un chiffre entre 1 et 9. Si elle choisit 3, on ouvre et on referme la cocotte 3 fois. Ensuite, elle doit sélectionner une couleur et appliquer la solution !
Matériel Papiers carrés, stylos ou crayons à couleur, à jouer à 2 au moins
Préparation 5 Minutes
Temps de jeu Variable

Notes & références

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