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Comment inclure du féminisme quand on éduque son enfant ? 6 conseils à appliquer

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Comment fait-on pour que nos enfants développent les valeurs du féminisme? Le but est qu’ils soient confiants mais aussi respectueux des autres, pour qu’ils portent en eux la conviction que les hommes et les femmes sont égaux et qu’ils travaillent à créer une société plus juste. Voici 6 propositions d’1,2,3kiD pour inclure du féminisme dans l’éducation qu’on donne à ses enfants. 

Respecter la personnalité de son enfant

Donner une éducation féministe n’implique évidemment pas de contraindre son enfant à refuser sa féminité. Comme l’explique Chimamanda Ngozi Adichie, autrice de Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, “ Le féminisme et la féminité ne sont pas incompatibles. Prétendre le contraire, c’est misogyne. Malheureusement, les femmes ont appris à avoir honte et à s’excuser de s’intéresser à des choses considérées comme traditionnellement féminines, comme la mode ou le maquillage. Notre société n’attend pourtant pas d’excuses de la part des hommes qui ont des centres d’intérêt considérés comme typiquement masculins - les voitures de sport ou certains sports professionnels. ». En définitive, on ne panique pas si son enfant aime le rose, les licornes et les paillettes. 

Entourer son enfant de livres - et lire ensemble !

Les livres vont l’aider à comprendre et à questionner le monde, ils l’aideront à s’exprimer et à découvrir d’autres schémas ou modèles. Aujourd’hui de nombreux livres sortent des archétypes classiques des contes comme la princesse qui attend son chevalier, ou encore le chevalier qui protège sa princesse et combat sans relâche sans faire preuve de sentiments. Certaines séries de livres mettent en valeur des parcours de femmes tout en étant adaptés à nos enfants - par exemple la série Les Confettis de Perrine Bonafos avec les livres sur Charlotte Perriand, Surya Bonaly, Edith Piaf, Agnès Varda etc.. Des livres à partager avec ses filles comme avec ses garçons. Et plus simplement, des livres comprenant des licornes ou des chevaux ne sont pas incompatibles avec des messages d’ouverture, d’acceptation de la différence ou d’empouvoirement. On peut citer par exemple Mon amie la licorne, de Briony May Smith, ou encore Ouli, le cheval couleur nuage (testés et approuvés par la rédaction de 1,2,3kiD). 

Parler de la notion de consentement

La notion de consentement peut s’apprendre très tôt chez les enfants et elle passe par leur propre consentement dans les situations courantes. C’est-à-dire qu’on ne force pas son enfant, s’il ne veut pas, à embrasser les adultes pour leur dire bonjour. On peut leur apprendre à dire bonjour de la manière avec laquelle ils sont à l’aise - faire un coucou avec la main, ou simplement dire bonjour en regardant la personne. Donc on apprend la politesse à son enfant, le respect, mais pas le fait de “devoir”, parce qu'il y a un adulte. Lucile Bellan, autrice de Petit traité d'éducation féministe ajoute justement :  "Dans la question du consentement, il y a aussi tout simplement apprendre assez tôt à son enfant à se nettoyer seul, à ne pas être dépendant d'un adulte pour tout ce qui concerne son corps. Les adultes ont évidemment un rôle de contrôle sur l'hygiène et les apprentissages, de vérification que c'est bien fait parce que ce sont des choses qui s'apprennent sur quelques années. Mais en revanche, on n'apprend pas à son enfant que les adultes ont le droit de le toucher."

Expliquer comment fonctionne son corps et celui de l'autre

Il faut arriver à mettre des mots précis sur des choses et sur des parties du corps. Pour le fait de nommer ces parties du corps, plusieurs écoles s’affrontent : mots enfantins ou pas, il faut pouvoir utiliser ceux avec lesquels on est à l’aise. On évite, dans la mesure du possible, de montrer des livres pour enfants où des zones entières sont cachées, sans aucune info. Cela a pour conséquence que les enfants, en particulier les petites filles, en grandissant, ne connaissent rien sur leur corps. Comme l’explique entre autres Ghislaine Szpeker-Benat, psychologue clinicienne et psychanalyste (mettre lien vers son interview), c'est notamment un outil de pouvoir extrêmement important, de savoir ce que l'on est et comment on fonctionne en tant que femme. C'est important aussi pour les petits garçons, pour créer de l'empathie, de savoir comment le corps des petites filles fonctionne, de manière différente du leur.

Se faire confiance, pour ensuite lui faire confiance

Permettre à son enfant d'avoir confiance en soi est un élément essentiel de l'éducation, et en lien avec la volonté de donner une éducation féministe. Mais la confiance en soi de son enfant dépend de celle que l'on montre en tant que parent. "Il y a la question de ce qu'on dit sur soi. Les adultes qui entourent les enfants doivent aussi travailler sur eux, pour ne pas exprimer à l'oral, autour des enfants, des doutes qui n'ont pas à rentrer dans leur esprit. Ça va de 'je suis trop moche aujourd'hui' à 'je suis nul dans mon travail'... Quand on est parent ou accompagnant d'enfant, il ne faut pas s'en servir comme miroir pour toutes nos propres insécurités." explique Lucile Bellan dans son livre. 

En définitive, cela peut être intéressant, quand on a des enfants, de se dire que c'est le bon moment pour travailler sur sa propre histoire familiale et personnelle. Quand on est parent, nous sommes nombreux à dire que nous voulons que nos enfants aient confiance en eux. Mais on ne voit pas parfois que nous ne sommes pas bienveillants vis-à-vis de nous. Et ça, les enfants s'en rendent compte.

Être cohérent avec l’exemple que l’on montre

Si au sein de son foyer, c’est maman qui gère toute l’intendance et papa qui boit une bière dans le canapé (on exagère un peu), il va être compliqué de comprendre pour un enfant que les rôles ne sont pas figés. Comme le dit Ghislaine Szpeker - Benat, psychologue clinicienne et psychanalyste  (mettre lien vers son interview) : “Il est indispensable de ne pas l’oublier : Les enfants apprennent par imitation. Il est essentiel que les parents transmettent leur propre idée sur le féminisme en se questionnant. Est-ce qu'ils parlent suffisamment des droits des femmes ?  Est-ce qu'ils parlent suffisamment de leur propre expérience ?”. À bon entendeur et entendeuse… 


Découvrez également nos dossiers pour mieux comprendre la nature de la curiosité des enfants pour chaque tranche d'âge ici :

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Notes & références

  • Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, par Chimamanda Ngozi Adichie, edition Gallimard. 
  • Tu seras un homme féministe mon fils, d’Aurelia Blanc, edition Marabout
  • Petit traité d'éducation féministe, par Lucile Bellan - éditions Leduc. 
  • Et moi, d’où je viens ? Les choses de la vie illustrées sans bêtises : Peter Mayle, Arthur Robins, Paul Walter