Apprendre à maîtriser ses peurs à 8-10 ans

Apprendre à maîtriser ses peurs à 8-10 ans

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Les points clés

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Une émotion cruciale

Souvent considérée négative, la peur est en fait une réaction émotionnelle très importante. Elle peut nous sauver la vie ! Sans peur, on ne se défendrait pas et on ne prendrait pas la poudre d'escampette face à un danger (tel un gros serpent). La peur nous aide à survivre, mais elle peut devenir problématique quand nos réactions émotionnelles sont démesurées et qu'elle détériore notre bien-être. Si votre enfant souffre d'un traumatisme, de phobies, de crises d'angoisse, il vaut mieux consulter l'avis de professionnels.

Pas encore équipés

Les enfants font face à la peur de manière différente que les adultes. Leur cortex sensoriel (zone du cerveau qui analyse les informations qui viennent des 5 sens) et leur hippocampe (qui traite la mémoire) sont en pleine construction. Physiologiquement, ils ne sont pas encore équipés pour faire face à la peur tout seuls. Ils ont besoin des autres pour se calmer et prendre du recul face à leurs émotions.

Elles évoluent

Les peurs évoluent au fil des années et sont preuve de maturation. Dès 2 ans, les enfants font preuve d'une grande imagination et ils ont des peurs dites archaïques (peur du noir, des monstres, des fantômes). C'est aussi une période marquée par des cauchemars et des peurs passagères (gros chiens, abeilles). Dès 6 ans, les peurs se rapprochent de celles des adultes et paraissent plus rationnelles et spécifiques à une situation: peur du vide, de mourir, d'avoir un accident, d'être rejeté par les autres, etc.

L'influence des autres

Nos réactions émotionnelles sont importantes car elles ont une influence sur nos enfants. Si vous avez peur des araignées et que vous paniquez face à leur présence, il est fort probable que votre enfant aura également peur de ces petites bestioles. Avec une attitude plus calme, l'enfant comprendra qu'il n'y a pas de raisons de s'inquiéter. Bien sûr, maîtriser ses peurs est parfois difficile, même pour nous ! Mais c'est bien de garder ça en tête pour éviter de transmettre des peurs additionnelles à nos enfants.

Juste équilibre

Il est important de prendre au sérieux nos enfants, car même si leurs peurs peuvent paraître dérisoires, pour eux elles sont bien réelles. Ils ont besoin de se sentir compris et soutenus pour diminuer leurs craintes. Par contre, il ne faut pas non plus adopter une attitude excessive et les surprotéger. Si votre enfant est timide et que dans toute situation sociale vous répondez pour lui, ça lui signale que sa peur de parler aux gens est fondée et qu'il ne pourra jamais y faire face tout seul.

Je ne suis pas ma peur

Pour donner un sentiment de contrôle à nos enfants, il est important de leur rappeler que leurs peurs ne les définissent pas. En effet, il est facile d'imaginer que nos peurs font partie de nous-mêmes, qu'on ne pourra jamais s'en débarrasser tellement qu'elles sont ancrées en nous. Au lieu de ça, on explique aux enfants que leurs craintes sont comme des visiteurs indésirables qu'on peut apprendre à chasser de notre esprit.

1,2,3 manières de maîtriser ses peurs

Tous les détails et notre sélection pour chacune de ces approches sont à retrouver plus bas ou en cliquant sur les images.
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Je relativise

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Idée astucieuse

Un problème en jeu

Quand on se trouve dans une situation difficile et qu’on perd confiance en sa capacité à y faire face, il peut être utile d’accompagner l’enfant pour faire des petites mises en scènes de la situation. Le mieux est que l’enfant ne joue pas son propre rôle : on définit les personnages et on joue différentes situations avec pour objectif de montrer à l’enfant que ses craintes ou son manque de confiance ne sont pas justifiés. En général, en jouant le point de vue des autres l’enfant va :
  • Soit se rendre compte que sa perception de lui-même n’est pas aussi mauvaise qu’il le pense
  • Soit que la situation n’est pas si dramatique et qu’on peut trouver des solutions.
Par exemple, pour un enfant qui ne se sent pas confiant pour commencer une nouvelle activité sportive, on peut jouer une petite scène où il joue le professeur et les parents jouent l’enfant et un copain. Dans la première scène, on essaye de jouer le pire qu'il puisse arriver (le professeur ne nous aime pas, personne ne nous parle, on rate tout ce que l’on fait) puis dans les scènes suivantes on se focalise sur les solutions. Il est aussi très important de discuter ce qu’il s’est passé dans les scènes par la suite : comment les gens ont réagi, pourquoi, qu’est-ce que l’on aurait pu faire différemment, qu’est-ce qui était bien etc. Un excellent moyen de dédramatiser.
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Je crois en moi

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Idée astucieuse

La boîte à cookies

Les enfants peuvent se retrouvés accablés face à des situations difficiles de la vie : l'arrivée dans une nouvelle classe, un test stressant, un déménagement, etc. Pour leur donner du courage et renforcer leur confiance en soi, on peut utiliser la méthode de la boîte à cookies (traduit de l'anglais: "the cookie jar method"). Le principe est simple, on aura juste besoin d'un bocal ou d'une boîte, des bouts de papier et un stylo ou un crayon. Sur les morceaux de papier, on demande aux enfants d'écrire des peurs qu'ils ont affrontées. Par exemple : mettre la tête sous l'eau, caresser un chien, prendre le bus tout seuls, etc. De manière générale, ils peuvent aussi y écrire leurs victoires et les moments difficiles qu'ils ont surmontés. Ensuite, il ne reste qu'à plier les messages et les ranger dans le bocal. S'ils se sentent stressés ou anxieux un jour, ils pourront puiser des forces à travers cette boîte à cookies. Ils se rendront compte à quel point ils sont capables de s'en sortir durant les moments difficiles !
A faire soi-même

Le jeu des compliments

Voici une petite activité pour booster la confiance de nos enfants ! On peut y jouer en famille ou avec des amis. Tous les participants se munissent de leur stylo et écrivent trois qualités qu'ils admirent chez chacun des joueurs. Mais attention ! Pour qu'il y ait plus de suspense, les messages doivent rester anonymes, alors on écrit les compliments à la troisième personne, en évitant les "il" et les "elle". Par exemple : "C'est quelqu'un qui se donne toujours à fond", "Sa joie de vivre est contagieuse", "C'est une personne très soigneuse", etc. Ensuite, on plie les billets en deux et on les mélange tous ensemble. À tout de rôle, on tire un message au hasard et on le lit à haute voix. Les autres joueurs doivent deviner à qui s'adresse le compliment.
Matériel Morceaux de papier, stylos ou crayons, à jouer à plusieurs (au moins 3 personnes)
Préparation 5 Minutes
Temps de jeu Variable

Notes & références

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